Accident de secouriste en espaces confinés
Accident espace confiné ( CATEC)
Pourquoi les secours deviennent-ils parfois les premières victimes ?
En espace confiné, vouloir sauver une vie sans préparation peut en coûter plusieurs
Chaque année, des accidents graves surviennent lors d'interventions en espace confiné.
Le scénario est malheureusement souvent le même.
Un premier intervenant est victime d'un malaise ou perd connaissance à l'intérieur d'un ouvrage.
Son collègue, animé par un réflexe humain parfaitement compréhensible, descend immédiatement pour lui porter secours.
Quelques instants plus tard…
Il s'effondre à son tour.
Puis un troisième intervenant tente lui aussi de les sauver.
Et devient, lui aussi, une victime.
En quelques minutes, un accident impliquant une seule personne peut se transformer en une catastrophe touchant plusieurs intervenants.
C'est l'une des caractéristiques les plus dramatiques des accidents en espace confiné.
Un réflexe humain… mais extrêmement dangereux
Face à un collègue en difficulté, personne n'a envie d'attendre.
Le premier réflexe est souvent de courir, de descendre et d'aider.
Dans la vie quotidienne, ce comportement est synonyme de courage.
En espace confiné, il peut malheureusement conduire à une multiplication des victimes.
Pourquoi ?
Parce que le danger qui a provoqué le premier malaise est toujours présent.
Il est invisible.
Et il n'a aucune raison d'avoir disparu.
Un ennemi que l'on ne voit pas
Dans un espace confiné, plusieurs phénomènes peuvent provoquer une perte de connaissance très rapide :
une atmosphère appauvrie en oxygène ;
la présence de sulfure d'hydrogène (H₂S) ;
du monoxyde de carbone (CO) ;
un gaz inerte ayant remplacé l'oxygène ;
une atmosphère explosive ;
d'autres agents chimiques toxiques selon l'activité.
Le point commun de ces dangers est qu'ils sont souvent invisibles, parfois inodores et impossibles à détecter par les sens humains.
Le danger est toujours là lorsque le sauveteur entre à son tour.
Une réalité observée dans de nombreux accidents
Les retours d'expérience montrent que, lors de nombreux accidents en espace confiné, une partie des victimes sont des personnes ayant tenté de porter secours.
Ce phénomène est bien connu des organismes de prévention et explique pourquoi les procédures interdisent les secours improvisés.
L'objectif n'est pas d'empêcher d'aider un collègue.
L'objectif est d'éviter qu'un accident fasse plusieurs victimes.
Pourquoi les secours improvisés échouent-ils si souvent ?
Plusieurs raisons expliquent cette situation.
L'émotion prend le dessus
Voir un collègue inconscient déclenche une réaction immédiate.
Le cerveau agit avant même d'avoir analysé le danger.
Le danger est toujours présent
Si l'atmosphère est irrespirable pour une personne…
Elle le sera également pour celui qui vient la secourir.
L'absence d'équipement adapté
Entrer dans un espace confiné sans protection respiratoire adaptée ou sans matériel de secours expose immédiatement le sauveteur au même risque que la première victime.
Le manque de visibilité
Dans certains ouvrages, il est impossible de voir précisément ce qui s'est passé.
Le sauveteur ignore souvent la véritable cause de l'accident.
La précipitation
Sous l'effet du stress, certaines étapes essentielles sont oubliées :
analyse des risques ;
appel des secours ;
contrôle atmosphérique ;
mise en sécurité de la zone.
Le rôle essentiel du surveillant
Le surveillant n'est pas un simple observateur.
Il constitue la première barrière de sécurité.
Sa mission consiste notamment à :
maintenir le contact avec l'intervenant ;
surveiller l'évolution de la situation ;
donner l'alerte si nécessaire ;
empêcher toute intervention improvisée ;
déclencher les procédures prévues par le plan de secours.
Un surveillant qui quitte son poste ou qui entre précipitamment dans l'ouvrage ne peut plus remplir cette mission.
Les secours doivent être préparés avant l'intervention
L'une des erreurs les plus fréquentes consiste à préparer uniquement l'entrée dans l'ouvrage.
Or, toute intervention devrait également prévoir :
un plan de secours ;
les moyens d'extraction ;
les équipements disponibles ;
les rôles de chacun ;
les moyens de communication ;
les numéros d'urgence ;
les conditions de déclenchement des secours.
Le meilleur secours est celui qui a été préparé avant que l'accident ne survienne.
Le matériel peut sauver des vies… s'il est anticipé
Selon les situations, plusieurs équipements peuvent permettre une extraction sans exposer un autre intervenant :
trépied de sécurité ;
potence ;
treuil de secours ;
système d'extraction ;
harnais adapté ;
ligne de vie ;
appareil respiratoire isolant (ARI) lorsque l'analyse des risques le justifie.
Ces équipements ne remplacent jamais l'organisation.
Ils viennent la compléter.
Le CATEC : apprendre à résister au mauvais réflexe
Lors des formations CATEC, les stagiaires découvrent rapidement une réalité difficile à accepter.
Le bon réflexe n'est pas toujours celui que l'on imagine.
L'objectif est d'apprendre à :
analyser la situation ;
protéger les autres intervenants ;
déclencher l'alerte ;
appliquer les procédures prévues ;
éviter qu'une victime supplémentaire ne vienne aggraver l'accident.
Cette maîtrise est souvent plus difficile que les aspects techniques de la formation.
Parce qu'elle demande de lutter contre un réflexe profondément humain.
La prévention sauve plus de vies que l'improvisation
Les accidents en espace confiné rappellent une réalité essentielle :
Le courage ne remplace jamais la préparation.
Une équipe bien formée ne cherche pas à intervenir plus vite.
Elle cherche à intervenir correctement.
En matière d'espaces confinés, quelques secondes consacrées à analyser la situation peuvent éviter plusieurs drames.
OFCC : former pour éviter que le sauveteur devienne une victime
Chez OFCC, nous rappelons systématiquement ce message lors de nos formations CATEC, Espaces Confinés, ARI et Détection de gaz :
Le premier objectif d'un secours est de ne pas créer une victime supplémentaire.
Nos formations ne se limitent pas à l'utilisation des équipements.
Elles développent une véritable culture de la prévention, de l'anticipation et du travail en équipe.
Parce qu'en espace confiné, la sécurité repose autant sur les compétences techniques que sur la capacité à garder son sang-froid lorsque chaque seconde semble compter.
Formation CATEC