Égoutiers : l'étude de l'ANSES qui a révélé une surmortalité inquiétante… et ce qui a changé depuis

Les égoutiers avec OFCC

Égoutiers : l'étude de l'ANSES qui a révélé une surmortalité inquiétante… et ce qui a changé depuis

Un constat qui a marqué le monde de l'assainissement

Pendant longtemps, les risques des réseaux d'assainissement ont été résumés à quelques dangers bien connus : le sulfure d'hydrogène (H₂S), les chutes ou encore les noyades.

Pourtant, une étude menée par l'INRS puis approfondie par l'ANSES a mis en lumière une réalité beaucoup plus préoccupante : les égoutiers présentaient une surmortalité significativement supérieure à celle observée dans la population générale.

Certaines études évoquaient même une surmortalité pouvant atteindre plus de 50 % selon les périodes observées.

Une question s'est alors imposée :

Que respirent réellement les professionnels qui travaillent chaque jour dans les réseaux d'assainissement et les espaces confinés ?

Les égouts : un environnement beaucoup plus complexe qu'il n'y paraît

Contrairement aux idées reçues, un réseau d'assainissement ne transporte pas uniquement des eaux usées domestiques.

Les réseaux peuvent recevoir :

  • des rejets industriels ;

  • des hydrocarbures ;

  • des solvants ;

  • des produits de nettoyage ;

  • des effluents commerciaux ;

  • des matières organiques en fermentation ;

  • des contaminants biologiques ;

  • des polluants issus du ruissellement urbain.

L'ANSES parle d'un véritable « cocktail » de contaminants chimiques et biologiques présents dans l'eau, sur les surfaces et dans l'air des ouvrages.

Le principal problème ?

La plupart de ces expositions sont invisibles.

Des risques qui dépassent largement le H₂S

Dans les formations espaces confinés, les intervenants sont sensibilisés au manque d'oxygène, au H₂S ou aux atmosphères explosives.

Mais l'étude de l'ANSES met également en évidence l'exposition potentielle à :

  • des composés organiques volatils (COV) ;

  • des hydrocarbures aromatiques polycycliques (HAP) ;

  • des métaux lourds ;

  • des endotoxines ;

  • des bactéries ;

  • des virus ;

  • des moisissures ;

  • des particules fines.

Autrement dit, le risque ne se limite pas à l'accident immédiat.

Il existe également une problématique d'exposition chronique pouvant avoir des conséquences sur la santé à long terme.

Ce que l'étude a changé dans le monde de la prévention

Depuis la publication de ces travaux, la perception des risques dans les réseaux a fortement évolué.

Aujourd'hui, les entreprises les plus avancées ne se limitent plus à la simple détection du H₂S avant l'entrée en ouvrage.

Elles développent désormais :

  • des procédures d'entrée renforcées ;

  • des contrôles atmosphériques systématiques ;

  • une meilleure traçabilité des expositions ;

  • des mesures d'hygiène plus strictes ;

  • des équipements adaptés aux risques réels rencontrés.

Cette évolution marque une transformation profonde de la culture sécurité dans les métiers de l'eau et de l'assainissement.

L'évolution des pratiques : du simple contrôle gaz à la gestion globale du risque

Ces dernières années, plusieurs évolutions majeures ont été observées :

Détecteurs multi-gaz généralisés

Les détecteurs individuels sont devenus un standard sur de nombreux réseaux.

Ils permettent aujourd'hui de surveiller simultanément :

  • l'oxygène ;

  • le H₂S ;

  • le monoxyde de carbone ;

  • les gaz explosifs.

Développement du CATEC

Le dispositif CATEC a profondément transformé les interventions dans les espaces confinés.

L'objectif n'est plus uniquement d'autoriser une entrée.

L'objectif est désormais de préparer l'ensemble de l'intervention :

  • analyse des risques ;

  • organisation des secours ;

  • surveillance permanente ;

  • communication ;

  • évacuation d'urgence.

Renforcement de l'hygiène professionnelle

L'ANSES a également souligné l'importance :

  • des vestiaires propres et sales ;

  • des douches ;

  • de l'hygiène des mains ;

  • de la décontamination des équipements.

Ces mesures apparaissent aujourd'hui comme des éléments essentiels de prévention.

Le rôle de la formation dans cette évolution

Face à des risques aussi variés, la formation est devenue un levier majeur de prévention.

Les professionnels doivent aujourd'hui comprendre :

  • les risques chimiques ;

  • les risques biologiques ;

  • les risques atmosphériques ;

  • les risques liés aux espaces confinés ;

  • les procédures de secours.

La simple expérience terrain ne suffit plus à appréhender l'ensemble des dangers présents dans les réseaux modernes.

Comment OFCC accompagne cette évolution

Chez ofcc, les formations ne se limitent pas à l'apprentissage d'une procédure.

Les retours d'expérience issus du terrain, les études scientifiques et les évolutions réglementaires sont intégrés dans les contenus pédagogiques afin de rapprocher les stagiaires de la réalité des risques.

Les formations :

  • CATEC ;

  • espace confiné ;

  • ARI ;

  • risque chimique ;

  • travail en hauteur ;

permettent d'aborder les problématiques réelles rencontrées aujourd'hui dans les réseaux d'assainissement, les ouvrages techniques et les installations industrielles.

L'objectif est simple :

transformer un danger invisible en risque identifié, compris et maîtrisé.

Une réalité toujours d'actualité

Dix ans après les conclusions de l'ANSES, les enjeux restent majeurs.

Les réseaux continuent d'évoluer.

Les produits rejetés évoluent.

Les conditions climatiques évoluent.

Les métiers évoluent.

Mais une chose demeure :

les espaces confinés restent parmi les environnements de travail les plus exigeants en matière de prévention.

La meilleure protection reste encore aujourd'hui la combinaison de trois éléments :

✔ une analyse des risques rigoureuse
✔ des équipements adaptés
✔ des équipes correctement formées

Car dans les réseaux d'assainissement, ce qui est invisible est souvent ce qui présente le plus grand danger.

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