Les Composés Organiques Volatils (COV)
Les COV dans les espaces confinés
Composés Organiques Volatils (COV) : un risque invisible mais majeur dans les métiers de l’eau et de l’assainissement
Un danger que l’on ne voit pas… mais que l’on respire
Dans les réseaux d’eau potable et d’assainissement, les risques ne sont pas toujours visibles. Parmi eux, les Composés Organiques Volatils (COV) représentent un danger souvent sous-estimé, car ils peuvent être incolores, inodores et présents à des concentrations dangereuses sans signe perceptible immédiat.
Pourtant, leur présence dans l’eau, leur capacité à se volatiliser et leur accumulation dans des ouvrages confinés exposent directement les agents à des risques sanitaires graves, mais aussi à des risques d’incendie et d’explosion.
1. Que sont les COV ? Définition réglementaire et scientifique
Définition officielle
Selon la directive européenne 2004/42/CE, un Composé Organique Volatil est :
« toute substance organique ayant une pression de vapeur suffisante pour provoquer une évaporation significative à température ambiante ».
Cette définition est reprise par l’INRS et l’ANSES
Exemples de COV rencontrés dans l’eau et l’assainissement
Benzène (cancérogène avéré)
Toluène, éthylbenzène, xylènes
Trichloroéthylène
Dichlorométhane
Hydrocarbures légers
Solvants chlorés
📌 Tous les COV ne sont pas également toxiques, mais beaucoup présentent des effets aigus ou chroniques sur la santé.
2. Pourquoi les COV sont un enjeu spécifique dans le secteur de l’eau
Contrairement à une approche purement « air », les COV posent un problème particulier dans les métiers de l’eau et de l’assainissement car ils circulent entre deux milieux :
l’eau, où ils peuvent être dissous ;
l’air, où ils se retrouvent par volatilisation.
Le phénomène clé : le dégazage
Lorsque l’eau est :
agitée,
pompée,
mise en chute,
stockée en milieu confiné,
les COV passent de l’eau vers l’air, créant parfois des concentrations supérieures aux valeurs limites d’exposition professionnelle (VLEP).
Ce mécanisme est documenté par l’INRS et l’INERIS .
3. Origine des COV dans les réseaux d’eau et d’assainissement
Sources identifiées et vérifiables
Rejets industriels
solvants
hydrocarbures
composés chlorés
Pollutions accidentelles
déversements
erreurs de branchement
fuites de stockages
Eaux usées domestiques
produits ménagers
carburants
peintures
solvants
Réactions physico-chimiques secondaires
fermentation
dégradation de matières organiques
📌 Ces sources expliquent pourquoi la présence de COV est imprévisible, nécessitant une approche systématique du risque.
4. COV et espaces confinés : une combinaison à haut risque
Les ouvrages d’eau et d’assainissement sont très souvent des espaces confinés au sens de l’INRS :
regards
postes de relevage
chambres de vannes
bassins
réseaux visitables
Dans ces environnements :
la ventilation est insuffisante ou absente,
les COV peuvent s’accumuler rapidement,
l’exposition peut devenir aiguë en quelques minutes.
📌 C’est un point central des formations espaces confinés et CATEC .
5. Risques liés aux COV pour les agents
5.1 Risques sanitaires
Selon l’INRS et l’ANSES, l’exposition aux COV peut entraîner :
irritations des yeux et voies respiratoires,
maux de tête, vertiges, nausées,
troubles neurologiques,
atteintes hépatiques et rénales,
cancers pour certains composés (benzène, trichloroéthylène).
📌 Le risque est aggravé par le fait que certains COV sont peu odorants voire inodores.
5.2 Risques incendie et explosion (ATEX)
Certains COV sont :
inflammables,
explosibles en mélange avec l’air.
Dans un espace confiné, ils peuvent former une atmosphère explosive (ATEX), même en l’absence de flamme visible.
Ce risque est clairement identifié par l’INRS et la directive ATEX 1999/92/CE .
6. Cadre réglementaire applicable
Textes de référence
Code du travail – Articles R4412-1 à R4412-160 (agents chimiques dangereux)
Directive ATEX 1999/92/CE
INRS – ED 6321 et ED 984
VLEP réglementaires et indicatives
📌 L’employeur doit :
identifier les COV,
évaluer le risque chimique,
mettre en place des mesures de prévention,
former les travailleurs exposés.
7. Prévention : de l’évaluation des risques aux procédures opérationnelles
Évaluation des risques
Une prévention efficace passe par :
l’analyse des effluents,
les mesures atmosphériques avant et pendant l’intervention,
l’identification des scénarios accidentels,
la prise en compte du confinement.
Notes opérationnelles et modes opératoires
Les interventions doivent être encadrées par :
des notes opérationnelles spécifiques,
des procédures adaptées aux risques COV,
des consignes claires pour les intervenants et surveillants.
📌 Ces documents sont essentiels pour répondre aux exigences réglementaires et assurer la sécurité terrain.
8. Focus ofcc : formation, expertise et accompagnement
Formations proposées
ofcc accompagne les acteurs de l’eau et de l’assainissement via :
formations espaces confinés,
formations CATEC® (intervenant / surveillant),
formations risque chimique et ATEX.
Accompagnement opérationnel
ofcc intervient également pour :
la réalisation d’évaluations des risques,
l’analyse des situations de travail réelles,
la rédaction de notes opérationnelles et modes opératoires,
l’adaptation des procédures aux spécificités des ouvrages.
📌 L’objectif : transformer la réglementation en pratiques opérationnelles efficaces et réalistes.
Conclusion – Rendre visible l’invisible
Les COV sont un risque silencieux, mais omniprésent dans les métiers de l’eau et de l’assainissement. Comprendre leur comportement, évaluer leur danger et former les équipes sont des leviers essentiels pour prévenir les accidents graves.
Avec l’expertise terrain et pédagogique d’ofcc, la prévention devient concrète, opérationnelle et durable.
Sources officielles
INRS – Risques chimiques et COV
ANSES – Évaluation des risques liés aux COV
INERIS – COV et milieux industriels
Directive 2004/42/CE
Directive ATEX 1999/92/CE
Code du travail – Partie IV
Formation CATEC